Audiophiles d'Alsace

Visite chez Quad Musikwiedergabe à Gering

 

La journée portes ouvertes de l’annuelle QuadFest organisée par Manfred Stein, patron de Quad Musikwiedergabe près de Coblence, se tenait cette année le samedi 14 septembre. Bien entendu, un tel évènement mérite le déplacement, ce que Pierre, Adrien et moi-même avons fait, et pour vous donner envie de vous y rendre l’année prochaine, voici en retour nos impressions :

En premier, il y a lieu de décrire un peu Quad Musikwiedergabe à Gering. Son fondateur Manfred Stein est un passionné de la marque anglaise Quad, sa passion toutefois va bien au-delà de la simple vente de matériel hifi. Il répare, reconstruit et même construit à la demande les fameux panneaux électrostatiques Quad. De l’ESL 57 aux 98x/29xx tout la gamme y passe. Si vous êtes un propriétaire de panneaux Quad, et si vous souhaitez les faire remettre en état, voici l’adresse où vous pourrez avoir entière satisfaction.

Les électroniques ne sont pas en reste et l’on trouve de ci de là des Quad 2, des 33/303/FM3, et autres « quaderies ».

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Ci-dessus: la chaine Quad 66 et les ESL 989 (les premiers "grands modèles" à 6 cellules)

 

L’atelier est ouvert au public (c’est la journée portes ouvertes !) et il est possible de se rendre compte de l’importance des moyens mis en œuvre par Manfred, plusieurs « machines » de fabrication maison côtoient des établis parfaitement rangés (on est en Allemagne tout de même). Par ici des rouleaux de Mylar, ailleurs des séries d’outils sur mesure maniés par mains expertes et expérimentées. Bref cela inspire confiance, d’ailleurs l’ami Adrien a fait réparer ses 989 en ces lieux pour sa plus grande satisfaction. Manfred Stein a optimisé et amélioré les panneaux Quad en utilisant des matériaux de la plus haute qualité et des techniques accomplies alliées à un savoir faire qui fleure bon le bel artisanat.

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Ci-dessus: des ESL 57 en cours de montage.

 

Nous montons à l’étage, une grande pièce haute de plafond, où se passent les écoutes…

Des doubles Quad 57  !!!  Waouh ! Cela me rappelle les fameux HQD (Hartley, Quad, Decca) du non moins fameux Mark Levinson. Ils sont magnifiquement installés sur une superbe structure en bois, et le moins que l’on puisse dire c’est que ça en « jette » ! A côté des ESL 57 simples et des 63.

L’écoute commence avec les doubles Quad ESL57 (d'origine UK et révisées)…

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Pour une surprise, c’en est une ! Une présence exceptionnelle, avec des doubles ESL57 on s’y attendait, mais là avouons-le, ça le fait. La bande passante est complète en ce sens que je ne ressens aucune frustration en quoi ce soit et comme toujours avec les panneaux Quad, les timbres sont magnifiques. Les pièces musicales défilent sans qu’à aucun moment je ne me pose de questions à propos des aigües, des médiums ou « Quad » que ce soit ! C’est simplement musical avec cette présence et une matière inattendues (je sais j’ai des apriori au sujet  des électrostatiques…).

Nous passons au ESL63QA, version QuadAtelier des ESL63/2805  (ci-dessus au centre et ci-dessous vue de l'arrière) avec leur caisson de grave amplifié, à rayonnement dipolaire, fabriqué par QuadAtelier :

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Des 63QA: l’année dernière, ces enceintes nous avaient assez impressionnés sur le plan de la dynamique, mais aujourd’hui, aie ! le son est agressif et on a nettement l’impression que l’association amplification/ESL63QA n’est pas bonne. Nous regardons de plus près le matériel mis en œuvre : A la source, un transport Musical Fidelity CDT1, le convertisseur un WEISS DAC2, les amplis sont totalement inconnus, des QUAD 204QA (c’est marqué dessus !) ? En fait il s’agirait (oui ! oui ! c’est bien un conditionnel) d’un amplificateur mis au point par Jürg Jecklin (fondateur de JecklinFloat) et Quad Atelier, 2 x 150 watts en classe D. L’ami Adrien enquête et nul doute que nous saurons bientôt tout ce qu’il faut connaître de ces appareils. Ces amplificateurs nous semblent « too much », trop dynamiques ? - les 63QA ne suivent pas -, trop puissants ? - les 63QA donnent l’impression d’être à leurs limites. Bref vous l’avez déjà compris l’écoute des ESL 63QA dans cette configuration ne nous a pas convaincus.

Nous écoutons ensuite les ESL57QA (blanches) en solo:

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Je remarque alors d’étranges objets cylindriques et plats qui trônent derrière les ESL… Ce sont des caissons de graves me souffle Adrien ! Ah bon j’avais confondu avec des poufs !  je me disais aussi des poufs en bois… L’ensemble est alimenté en bi-amplification paramétré par un petit DSP maison: Le Quad 204QA pour les panneaux et un Quad 606 pour les caissons.

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On écoute… Chut ! on écoute, je vous dis ! C’est des 57 ça ! Mais ça « pousse » incroyablement ! Quel niveau sur les forte, moi naïf qui pensais que les 57 « flashaient » plus vite que leur ombre… Là encore, quelque soit le morceau écouté (et disons le tout net, les préférences musicales du parterre d’audiophiles présent étaient pour le moins variées…), tout passe : Du Solid Rock demandé par un voisin germanique (ouf ! On a échappé au « métal »), aux pièces d’orgue et aux percussions choisies amoureusement par Adrien, tout passe fichtrement bien, tout passe incroyablement avec un aplomb, une présence, une puissance insoupçonnée, c’est ça les 57 !!! Dammed ! pardon, Mein Got ! Quelle vie ! J’écoute, encore et encore… Et plus j’écoute, plus j’aime, Adrien ferme les yeux,  Pierre lui aussi a l’air conquis (tous les deux sont de fervents « quadistes »). Nous sommes simplement sous le charme de ces 57, (notons toutefois que la reconstruction des panneaux par Quad Musikwiedergabe est à mon avis d’une qualité bien supérieure aux originaux et notamment en terme de tenue en puissance). Nous sommes tellement subjugués par ces écoutes que nous en oublions presque que notre hôte a dépêché madame pour nous servir café, petits encas et autres verres de vin… Le bonheur on vous dit !

Dans un coin de la pièce, je remarque des Braun LE1 (les presque mêmes que les 57 mais design by Braun), je suis intrigué car ils ne sont pas dans le bons sens, plus haut que large ! J’interpelle Manfred, via la traduction simultanée d’Adrien, réponse du propriétaire « Ce sont des ESL63QA carrossés façon «Braun » à la demande d’un client ». Je regarde, j’inspecte, je touche, je tâte, du super travail ! C’est fou ce qu’ils font chez Quad Musikwiedergabe, incontestablement c’est du « Dieter Rams approved ».

Avant de partir, une dernière écoute des casques électrostatiques JecklinFloat version 2013.

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Que dire ? Sinon que, même connecté à un "vieux" lecteur Quad 67, la qualité musicale de ce casque est au niveau du prix… très élevée.

Bon, d’accord, c’est bien beau tout ça mais combien ça coûte ? Bien, soyons clair, c’est cher mais la « Qualität » reste et le prix s’oublie, ce d’autant plus qu’il est possible de trouver d’occasion des panneaux Quad à des tarifs très raisonnables, et de les faire restaurer si besoin est chez Quad Musikwiedergabe.

En conclusion, si vous êtes libres pour la prochaine QuadFest (en 2014), et si vous avez bien lu ce compte rendu, alors rendez vous à Gering pour une écoute, qui en toute objectivité, est à ne pas manquer. 

A noter pour les plus impatients, qu’il existe un site internet de Quad Musikwiedergabe ouvert au public tous les jours 24h sur 24h : http://www.quad-musik.de.»

Emmanuel & Cie

 

 

 

 

L'Association des Audiophiles d'Alsace visite la manufacture Klinger Favre

 

La 3A a organisé au mois de juin de cette année deux visites (à une semaine d'intervalle) à la manufacture KLINGER FAVRE située à Saint-Dié dans les Vosges. Deux groupes de cinq à six audiophiles se sont rendus dans les ateliers et les auditoriums de cette manufacture bien connue des milieux professionnels, peut-être moins des audiophiles. Pour certains, dont votre serviteur, ce fut une première.

Pour mémoire, l'activité principale de KLINGER FAVRE est la conception, la réalisation, l'installation d'enceintes acoustiques, principalement à destination des professionnels (studios d'enregistrement, petites salles de spectacles, .). Souvent même, ces clients très exigeants lui demandent une prestation complète qui inclut la fourniture des amplificateurs ainsi que l'étude et la réalisation de la correction acoustique du local. Jean-Jacques Bacquet, également acousticien grâce à une solide formation de base, est donc en mesure de répondre à ce type de demande par une prestation complète, aussi bien en France qu'à l'Etranger. 

Nous sommes accueillis par M. Jean-Jacques Bacquet et  sa fille Marie-Anne le samedi vers 15 heures, et nous rendons directement dans le petit auditorium du rez-de-chaussée situé dans le bâtiment administratif. Cet auditorium, relativement encombré, permet toutefois d'écouter dans d'assez bonnes conditions les petites enceintes  D56 (voir ci-dessous) haut perchées, alimentées par une amplification Klinger-Favre et un serveur simplement  piloté par une tablette numérique: on remarque tout de suite la présence côté auditeur,  sur pratiquement toute la largeur de la salle, de diffuseurs quadratiques (ou Diffuseurs de Schröder).

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"Diffuseurs quadratiques: vue de face et vu de coté"


Leur intérêt est principalement de permettre la diffusion des ondes qui frappent cette zone très proche de la position d'écoute. Et c'est efficace: cela permet d'agrandir subjectivement l'espace sonore de la pièce et de casser les ondes stationnaires immanquablement présentes dans une salle aux murs parallèles.

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"Enceinte D56, avec les billes de découplage"

Les écoutes ont permis de mettre en évidence l'intérêt d'un bon découplage mécanique entre les enceintes et leur support. La solution développée par Klinger Favre est un découplage en trois points :  l'utilisation de  deux fois trois coupelles métalliques intégrées à la sous-face de enceinte et sur le dessus de la plaque support (pied) avec, insérée entre chaque paire de coupelles, une bille en acier inoxydable. Billes et coupelles sont fabriquées avec des tolérances et des matériaux divers, permettant d'obtenir des découplages d'efficacités (et de prix) étagés.
Les explications techniques, amenées progressivement, avec surtout  un souci pédagogique constant,  grâce aux analogies faites avec d'autres domaines techniques peut-être plus familiers pour certains, sont convaincantes, ainsi la démonstration sur l'impact d'un bon - puis d'un très bon - découplage de la caisse sur le rendu sonore. La propreté du message y gagne, la dynamique fine également, et le registre aigu devient  plus naturel. Solution intéressante d'autant plus qu'elle est  transposable à des enceintes électrodynamiques d'une autre provenance ...
La qualité de l'écoute est vraiment au rendez-vous : Youn Sun Nah (Same Girl) est là, la contrebasse de Avishai Cohen nerveuse et non envahissante: le tout présage de bonnes choses pour la suite des démonstrations.

La suite, justement, se passe dans le second bâtiment, qui abrite les ateliers de fabrication et le grand auditorium. La visite guidée de l'atelier de fabrication permet au visiteur de se rendre compte des vastes compétences acquises par le maître des lieux au cours des (presque) quatre décennies entièrement vouées passionnément à la reproduction de la musique. Elles concernent :
-       la conception des caisses et leur réalisation grâce à la maîtrise des machine-outils
-       la conception et la réalisation des filtres électroniques
-       la conception et la sous-traitance des transducteurs
-       l'optimisation des profil des pavillons

Sans oublier le traitement acoustique des locaux, si le besoin s‘en fait sentir.

Le point concernant les pavillons est particulierement important, car Klinger Favre s'est spécialisé, et cela est relativement rare sur le marché,  dans la conception de haut-parleurs à haut rendement à deux voies : un (ou deux) boomer(s) et une chambre de compression. Fabriquant lui-même ses pavillons, il choisit et optimise librement le matériau (bois, composite bois & résine), les dimensions et les courbures en fonction des caractéristiques des autres constituants: moteur, fréquences de coupure. La visite guidée de l'atelier se poursuit avec une surprise de taille (c'est le cas de le dire) : en cours de fabrication sur l’établi, un panneau de grave - grand modèle -  appelé INFRAPLANAR !

 

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"panneau INFRAPLANAR en fabrication"


Certains d'entre-nous se souviennent du Salon de Munich 2010 au cours duquel la société  française AUDIONEC présentait un système propriétaire complet, dont les enceintes ANSWER, composées d'un double module INFRAPLANAR 50, du haut parleur large bande JANUS (200-10000Hz) et d'un super-tweeter à ruban. La qualité de reproduction, en particulier celle du registre grave, avait retenu l'attention de bon nombre d'auditeurs, malgré ou en raison de présentations d' extraits musicaux particulièrement démonstratifs . 
En effet, KLINGER FAVRE fabrique et distribue actuellement ces exceptionnels panneaux isodynamiques dont la conception est due au français Christian Lacroix.
La collaboration avec AUDIONEC s'étant arrêtée, c'est maintenant KLINGER FAVRE qui fabrique les différentes versions de ce panneau très intéressant.

 

Visite musicale du Grand Auditorium :
Situé au milieu de l'atelier, mais bien isolé sur le plan phonique de ce denier, cette salle de dimensions très respectables permet d'accueillir une dizaine d'auditeurs, tous placés à distance suffisante des enceintes, et permet en outre de présenter plusieurs paires d'enceintes simultanément.

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"Grand Auditorium, vue d'ensemble"

Gamme KF: Coté droit, intérieur vers extérieur : Studio 15, 17, 20, 30.

 

Sa conception est due à Jean-Jacques Bacquet lui-même (on n'est jamais aussi bien servi...): le parti-pris retenu est de polariser l'auditorium par un traitement  LEDE (Live End, Dead End), à savoir : très amorti coté enceintes, essentiellement réfléchissant/diffusant coté position d'écoute :

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"Diffuseurs quadratiques Gd auditorium"
 

Ces diffuseurs, essentiellement en bois (coloris au choix),  sont réalisés par KLINGER FAVRE sur mesures, et selon les caractéristiques recherchées par l’audiophile (fréquence centrale, …). La qualité de fabrication va bien au-delà de ce que l’on a pu voir au dernier salon High-End de Munich !    A noter que l'auditorium sert également à réaliser des enregistrements de petites formation. Et puis, la présence d'un piano sert de référence à Jean-Jacques Bacquet. Le piano y est enregistré, et l'enregistrement obtenu est restitué par le système électroacoustique à des fins d'optimisation de celui-ci.

Je dois avouer que le traitement LEDE, fortement DE d'ailleurs, m'a quelque peu dérouté au début des écoutes (étant habitué à un environnement acoustique type LE, côté enceinte) par l'aspect assez mat de la restitution. Mais, assez vite, le cerveau s'adapte. Les écoutes ont débuté par des musiques proposées par notre hôte, sur l'amplificateur du catalogue et sur les enceintes Studio 17 :

 

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Ci-dessus:  Enceintes deux voies Studio 17", avec le même tweeter (conçu et fabriqué par KLINGER FAVRE) que celui des D56 écoutées dans le petit auditorium.

Une certaine déception que cette première écoute (me concernant), car le volume nettement différent de la salle et la distance d'écoute bien plus importante imposent une puissance à l'émission nettement plus importante: le tweeter semble un peu en souffrir.
Ensuite, la reproduction du registre grave du Bösendorfer (Sonates de Beethoven) laisse "peu entendre" cet instrument au caractère bien trempé et à l'assise exceptionnelle (aussi bien que l'enregistrement).

Le passage aux Studio 20 est bien plus convaincant: on est passé à une chambre de compression entourée de deux HP de grave de 20 cm (toujours d'origine Davis).
C'est autre chose : on entre dans la musique, d’ailleurs un peu plus encore après le remplacement de l'amplificateur par le prototype (de puissance double) présenté en deux boîtiers séparés.
Le Bösendorfer retrouve sa signature, la main gauche est alerte, avec peu de traînage, la puissance acoustique semble sans limite : en tout cas on a l'impression que, malgré le niveau sonore confortable, la marge est importante et une certaine sérénité demeure tout au long de l’écoute.

Les disques défilent: à commencer par les percussions du « Paris- Istanbul - Shangai » de Joël Grare (quelle prise de son !) qui sont très bien reproduites: belle et large palette de timbres. L'extension dans le grave est un peu limitée mais on trouve un équilibre satisfaisant entre les deux voies, une homogénéité surprenante et très peu d'effet de projection. Bien sûr, la distance d’écoute confortable y contribue.

Beethoven      Grare

"Les sonates de Beethoven"                                               "Paris - Istanbul - Shangaï"

 

SCHOLL   OrganBrass
"Andrea Scholl  -  Cantates de Bach"                                   "Music for Organ and Brass - From Elgar"

La comparaison avec les Studio 30 est très intéressante: boomers PHL 30 cm, même moteur dans la chambre de compression, mais un pavillon de plus grandes dimensions et une ouverture angulaire plus importante. L'assise est légèrement supérieure (à l’écoute des Bösendofer, Organ and Brass) mais le registre grave perd en nervosité et en articulation, présente un traînage facilement perceptible, surtout en comparaison l'écoute des  Studio 20! Dans les deux cas toutefois, l'ampleur de la reproduction est au rendez-vous. Sur les enregistrements qui l'on captée, la scène sonore tridimensionnelle - critère très important à mes oreilles - est assez convaincante, sans être exceptionnelle. En revanche, variété et véracité des timbres sont de haut niveau, la dynamique naturelle bien maîtrisée. D'un manière générale, on peut affirmer que ces deux modèles d'enceinte HR -2 Voies proposent une homogénéité d’un niveau rarement rencontrée, en particulier sur du HR justement! Bravo!

Malgré cela, notre hôte nous propose d'activer le super-tweeter (probablement de type Townshend Audio à ruban) que nous avions repéré voici un petit moment déjà. Et de philosopher de façon collégiale sur l'intérêt théorique de cet ajout à partir de sources (le CD) limitées en fréquence à 22KHz. Après quelques écoutes très attentives, je propose de repasser le disque Organ & Brass (enregistré dans la cathédrale Ely, probablement à l’aide d’une paire de microphones omnidirectionnels judicieusement placés).

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"Supertweeter Townshend à ruban"


Là, de l’avis général, il se passe quelque chose ! La scène tridimensionnelle s'ouvre vraiment, le positionnement des sources sonores gagne indubitablement en précision, en stabilité. On montre d'un net cran sur le critère d’étagement des plans sonores, perçu avec bien moins d’effort cérébral. De plus, curieusement, on à l'impression que le registre grave / bas médium est plus net, que les instruments se détachent mieux les uns des autres (de l'air circule, dit-on, entre les instruments). Une aération et une précision à laquelle je suis très bien habitué ...
Avec et sans le super-tweeter, ce n'est pas la même chose, n’en déplaise aux sceptiques !
La surprise est totale (pour les visiteurs j'entends), et l'explication reste à trouver ou, du moins, à démontrer: le super-tweeter, efficace au-delà 10KHz, n'améliorerait-il pas  la réponse impulsionnelle de l'ensemble, laquelle est souvent loin d'être parfaite sur les systèmes multivoies à filtrage passif ?
A suivre. 

Puis, autant faire la totale et faire respecter la règle des 400.000: les panneaux INFRAPLANAR sont mis en service sur les gros modèles d'enceinte Studio 30 encore branchées : bon, l'extension dans l'infragrave est là quant il faut et de façon très propre, mais le grave est un peu envahissant, une certaine redondance se manifeste (Andréa Scholl – Cantates de Bach), même si la fréquence de coupure des panneaux se situant à une valeur très basse (40 ou 50Hz selon M. Bacquet) devrait éviter cela. Il est alors proposé à notre hôte de re-basculer sur le modèle Studio 20, qui pour moi, en stand alone, présentait déjà la meilleure restitution:

Studio 20 + Super-tweeter + Infraplanar

Après ajustement du niveau du supertweeter, les différentes plages sont réécoutées : Organ & Brass, Scholl - Cantates, les Sonates.   Le résultat est à mon avis le meilleur , et constitue une restitution bien convaincante dans cet auditorium : l’assise sans la redondance, qui nous fait réécouter une sonate dans son intégralité (près de 10mn) : jubilatoire.

Mais il est déjà bien tard, et nous sommes peu après invités à nous rafraîchir grâce à une très bonne bouteille de vin blanc ... d'Alsace (quelle délicatesse !). Il est plus de 20 heures lorsque nous quittons KLINGER FAVRE, bien plus tard que prévu, le temps a passé si vite. C'était passionnant !

Un grand merci à M. Jean-Jacques Bacquet et à sa fille Marie-Anne pour leur accueil très chaleureux, la qualité des présentations et des systèmes, et leur grande ouverture au dialogue et à l'échange. En ce qui me concerne, je n'ai qu'une seule envie : c’est d'y retourner très prochainement!

Adrien & Cie 

 

 

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